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Mise à jour janvier
2006

Investissement forestier en France
I. CARACTERISTIQUES GENERALES
La France possède 13 Millions d'hectares de forêts. Environ
les 2/3 de cette surface appartiennent à des propriétaires
privés (particuliers ou institutionnels tels que caisses
de retraite, compagnies d’assurances).
La gestion des forêts privées est assurée soit par des Experts
Forestiers privés (spécialistes forestiers travaillant à leur
compte ou pour des sociétés de gestion forestière), soit
par des organismes coopératifs de propriétaires, soit encore
dans une minorité des cas par un organisme à caractère public.
Bien que la filière bois soit globalement déficitaire sur
le plan du Commerce International, la forêt française constitue
un secteur significatif d'exportation, sous forme notamment
de sciages et de grumes, de bois d'oeuvre ou billons de bois
d'industrie.
Dans le Monde, la demande de produits forestiers ne fait
qu'amplifier à mesure que la population augmente, et par
ailleurs les restrictions des exploitations de bois tropicaux
ouvrent de nouveaux marchés aux grumes européennes.
Les conditions de la croissance forestière française sont
très bonnes :
climat influencé par la présence de courants océaniques
(la France est à l'Ouest de l'Europe de l'Ouest),
sols variés mais dans l'ensemble bons,
bonne compétence des spécialistes forestiers chargés
de gérer ce patrimoine, résultant d'une tradition de plusieurs
siècles et en même temps d'une adaptation aux connaissances
et aux découvertes du monde moderne.
II. LES DEBOUCHES
Les débouchés pour les produits forestiers sont très variés,
depuis la matière première pour la pâte à papier, le bois
de chauffage ou le charbon de bois utilisé par les industries
chimiques jusqu'aux matériaux utilisés dans les charpentes,
dans l'ameublement ou dans la décoration intérieure, ou même
pour l'isolation de capsules spatiales.
Le marché des produits forestiers français est bon sur le
long terme, même s’il est sujet à des fluctuations de court
terme. Une forte demande intérieure est largement complétée
par une excellente demande de la part de nos voisins dont
la production de bois est inférieure à leurs besoins.
Les produits forestiers français sont exportés dans beaucoup
de pays européens et, pour les produits de très haute qualité ou
spécifiques (tel que chêne de tranchage ou parfois hêtre),
ils vont même au Japon ou en Chine.
III. FISCALITE FORESTIERE
La fiscalité forestière française depuis une cinquantaine
d'années a été orientée pour aider et promouvoir la production
de bois, avec depuis peu en arrière plan l’idée d’encourager
la création de « puits de carbone », les arbres
assimilant le gaz carbonique de l’air.
Elle est donc favorable aux propriétaires et d’autre part,
du fait de son faible poids, la fiscalité forestière évite
aux propriétaires d'avoir à morceler leurs massifs dans le
but unique de payer des impôts.
Très rapidement, les grandes lignes de cette fiscalité sont
les suivantes :
1. Frais et droits de mutation en cas d'achat de
forêt
Les droits de mutation à titre onéreux se
montent à 5,09 % à compter du 1er Janvier 2006,
plus frais de notaire.
Toutefois, une exonération temporaire est prévue
jusqu’au 31 Décembre 2010 (droits de mutation
= 0 %) sous réserve de délibération
des conseils généraux et municipaux chacun
pour la part lui revenant dans la taxe de publicité foncière
(3,60 % pour le département et 1,20 % pour la commune).
2. Encouragement à l’acquisition de forêts
Sous condition de bonne gestion, les particuliers achetant
des forêts ou des terrains nus à boiser peuvent déduire à l’année
d’acquisition 25 % de leur impôt sur le revenu du montant
de leur investissement, et ce jusqu’au 31 Décembre 2010,
dans des limites de :
5.700 € par personne
11.400 € par couple marié en communauté
et pour une surface forestière d’au minimum 10 ha et au
maximum de 25 ha, ou pour une surface forestière complémentaire
contribuant à dépasser le seuil de 10 ha sans aller au delà de
35 ha. Cette surface forestière devra être conservée 15 ans
au moins. S’il s’agit de terrains à boiser, le boisement
devra avoir lieu dans les 3 années après acquisition.
De même, les parts de Groupements Forestiers, lors de leur
souscription ou leur achat, font l’objet d’une déductibilité de
25 % de leur valeur de l’impôt sur le revenu dans les limites
de :
5.700 € par personne
11.400 € par couple marié en communauté
Ces parts du groupement forestier devront être détenues
8 ans au moins. S’il s’agit de terrains à boiser, le boisement
devra avoir lieu dans les 3 ans après achat des parts.
Enfin, indiquons l'existence des Sociétés
d'Epargne Forestière (SEF) qui ressemblent dans leur
forme aux Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI),
placées sous le contrôle de la Commission des Opérations
de Bourse (COB).
Les souscriptions en numéraire de parts d’une Société d’Epargne
Forestière ou de parts d’augmentation de capital de celle-ci
feront l’objet d’une réduction de l’impôt des sociétés portant
sur 15 % du prix des parts, dans les limites de :
5.700 € par personne
11.400 € par couple marié en communauté
Cette réduction d’impôt peut s’appliquer une fois par an à chaque
souscription ou acquisition de parts. La valeur des parts
de SEF prise en compte ci-dessus est plafonnée à 60 % puisqu’elles
auront droit à détenir jusqu’à 40 % en actifs financiers.
Les parts devront être détenues par leur souscripteur 8 ans
au moins.
Les entreprises, soumises à l’impôt des sociétés (IS), peuvent
amortir 50 % du montant des sommes versées pour la souscription
de parts de SEF dans la limite de 15 % du bénéfice imposable
et sans dépasser 100.000 €.
Achat d’enclaves : toute parcelle enclavée,
de 25 hectares et moins, en nature de bois et forêt
ou de terrain nu à boiser bénéficie
de la réduction d’impôt sur le revenu
sans aucune taille minimum et/ou maximum de l’unité de
gestion ainsi constituée.
3. Impôts à payer annuellement
3.1. Revenu forfaitaire cadastral
Les propriétaires forestiers particuliers ne paient pas
d'impôt sur leurs coupes de bois. Tout au plus, indiquent-ils
chaque année dans leur déclaration d'impôt sur le revenu,
un revenu forfaitaire forestier qui est calculé périodiquement
par une Commission spécialisée dans chaque département en
fonction d’un revenu cadastral théorique (production annuelle
de bois à l’hectare). Ce revenu forfaitaire est modéré dans
l'ensemble.
Il est de plus possible d’obtenir une exonération du revenu
forfaitaire cadastral imposable comme suit :
- semis, plantations et replantations :
- montant de l’exonération
au choix :
. 100 % du montant du revenu cadastral de l’ancienne
nature de culture (futaie, taillis sous futaie, par exemple)
. 50 % du montant du revenu cadastral correspondant à la
nouvelle nature de culture (semis, plantation, replantation)
- durée :
peupliers : 10 ans
résineux : 30 ans
feuillus : 50 ans
- régénérations naturelles réussies et dûment constatées
d’une futaie irrégulière en état d’équilibre :
- montant de l’exonération partielle :
25 % du revenu cadastral,
- durée : 15 ans renouvelables.
3.2. Taxes foncières
Des taxes foncières sont bien entendu à payer chaque année
aux Communes sur lesquelles se trouvent les massifs forestiers.
Ces taxes sont dans l'ensemble modérées (de l'ordre de 4 à 16 € par
hectare et par an en moyenne, selon les régions) mais peuvent
parfois atteindre ou dépasser 30 € par hectare et par an.
Il est possible d’obtenir des exonérations d’impôt foncier
dans les cas suivants :
| - pour reboisement en peuplier |
: pendant 10 ans |
| |
résineux |
: pendant 30 ans |
| |
feuillus |
: pendant 50 ans |
- pour régénération naturelle acquise (1)(2) :
| |
résineux |
: pendant 30 ans |
à compter de la date de réussite
de cette régénération |
| |
feuillus |
: pendant 50 ans |
- de 25 % pour futaie irrégulière en état d’équilibre (futaie
jardinée) :
pendant 15 ans (renouvelables) à compter
de la date d’état d’équilibre(3).
4. Successions ou donations
Les droits de succession ou de donation en matière forestière
sont intéressants en France car l'impôt sur les successions
n'est payable sous des conditions de bonne gestion (élaboration
et respect d’un plan simple de gestion agréé) que sur le
quart de la valeur des forêts.
A titre indicatif, nous donnons ci-après quelques taux d'imposition
pratiqués sur la valeur des forêts en cas de succession ou
donation.
De parents à enfants : abattement de 50.000 € (2005) par
enfant.
VALEUR TAXABLE
(REGIME GENERAL)
(a)
|
VALEUR FORET CORRESPONDANTE
(b) = (a) × 4
|
TAUX |
RETRANCHER |
|
Jusqu’à 50.000 €
Au dessus :
0 à 7.600 €
7.600 € à 11.400 €
11.400 € à 15.000 €
15.000 € à 520.000 €
520.000 € à 850.000 €
850.000 € à 1.700.000 €
Au-dessus de 1.700.000 €
|
200.000 €
0 à 30.400 €
30.400 € à 45.600 €
45.600 € à 60.000 €
60.000 € à 2.080.000 €
2.080.000 € à 3.400.000 €
3.400.000 € à 6.800.000 €
Au-dessus de 6.800.000 €
|
0 %
5 %
10 %
15 %
20 %
30 %
35 %
40 %
|
-
380 €
950 €
1.700 €
83.700 €
96.200 €
181.200 €
|
(Barème 2005)
Bien entendu, il est possible
de bénéficier de régimes plus favorables lorsqu'un propriétaire
privé décide de son vivant de faire une donation avec réserve
d'usufruit à ses enfants ou à ses ayants-droit.
Des cas précis peuvent être étudiés
pour renseigner notre lecteur si besoin était.
(1) Les conditions
d’exonération d’impôt foncier pour la régénération naturelle
sont : présence de semis d’essences forestières « classiques »,
également réparties sur au moins 70 % de la surface, une densité minimale
de 1100 semis/ha pour le Frêne, le Merisier ou l’Erable
Sycomore, ou 2000 semis/ha pour les autres essences. La
hauteur des semis doit être comprise en 1,5 m et 3 m.
(2) La déclaration
doit se faire entre les années n + 3 et n + 10 après la
coupe définitive réalisée à l’année n. Si la déclaration
est faite à l’année t = n + 22, par exemple, la durée d’application
de l’exonération portera sur : d – [(n + 22) – (n
+ 10) ] = d – 12 années, avec d = 30 ou 50 ans selon qu’il
s’agit de résineux ou de feuillus.
(3) L’équilibre
de régénération d’une futaie irrégulière est constaté lorsqu’il
y a 100 tiges de franc pied/ha d’essences forestières classiques,
avec une hauteur comprise entre 3 et 10 m et réparties
sur au moins le ¼ de la parcelle. Le peuplement proprement
dit doit avoir une structure de futaie irrégulière, c’est-à-dire
présenter sur l’ensemble de la surface une diversité dans
les diamètres ou dans les âges.
5. Impôt de Solidarité sur
la Fortune (I.S.F.)
En France, toute personne fiscalement
résidente (voir plus bas) et possédant une fortune estimée à 732.000 € ou
plus doit payer chaque année un Impôt de Solidarité sur la
Fortune qui est évalué comme suit :
|
jusqu'à 732.000 € exclus |
: 0,00 % (pas d'ISF) |
|
|
entre 732.000 € et 1.180.000 € |
: 0,55 % |
sur la somme à partir
de 732.000 € |
|
entre 1.180.000 € et 2.339.000 € |
: 0,75 % |
|
entre 2.339.000 € et 3.661.000 € |
: 1,00 % |
|
entre 3.661.000 € et 7.017.000 € |
: 1,30 % |
|
entre 7.017.000 € et 15.200.000 € |
: 1,65 % |
| supérieur à 15.200.000 € |
: 1,80 % |
(Barème 2005)(1)
Note : les limites des tranches du barème sont prévues être révisables chaque année.
Le montant de l'impôt est diminué de
150 € par personne à charge.
Là encore, la forêt n'est évaluée
que pour le quart de sa valeur. Par exemple, si une forêt
vaut légèrement moins de 2.880.000 €, le quart en est égal à légèrement
moins de 720.000 € (qui est la valeur seuil d’enclenchement
de l’ISF), auquel cas un taux d’impôt sur la fortune de 0
% s'appliquerait. C'est donc très intéressant.
En échange de cette réduction
des 3/4 de la valeur au sens de l'I.S.F. des forêts, le propriétaire
s'engage à gérer sa forêt en "bon père de famille" pendant
30 ans, c'est-à-dire à appliquer un Plan Simple de gestion
agréé pendant cette période.
A noter que si la forêt fait
partie de biens professionnels forestiers (par exemple une
forêt appartenant à un propriétaire sylviculteur reconnu
comme tel et vivant des produits de sa forêt), aucune déclaration
I.S.F. n'est nécessaire.
Pour les étrangers ou les français
non domiciliés fiscalement en France, c'est-à-dire n'y ayant
pas leur résidence principale ou n'y ayant pas le centre
de leurs intérêts économiques, IL Y A ASSUJETTISSEMENT A
L'I.S.F., sauf si des conventions fiscales spécifiques entre
pays contractants évitent la double imposition (à titre indicatif,
un ressortissant belge est soumis à l’ISF).
(1) Exemple
du mode de fonctionnement : Capital 1.500.000 €
| jusqu’à 732.000 € exclus, pas d’ISF ; |
|
| de 732.000 € à 1.180.000 € = 448.000 € × 0,55 % |
= 2.464,00 € |
| de 1.180.000 € à 2.339.000 € = 1.059.000 € × 0,75 % |
= 7.942,50 € |
Total ISF |
= 10.406,50 € par an |
6. Impôt sur plus-value
Les cessions de forêt et de parts
de groupements forestiers sont taxées selon le régime des
plus-values au taux de 16 % auquel s’ajoute 11% de prélèvements
sociaux, soit 27 % au total. Toutefois, après la sixième
année, un abattement de 10 % s’applique sur cette imposition,
ce qui l’annule à partir de la 15ème année, comme
indiqué dans le tableau suivant :
Nombre d’années
de détention de la forêt |
Proportion de la valeur de la forêt
imposable au titre de la plus-value |
| 1 |
100 |
| 2 |
100 |
| 3 |
100 |
| 4 |
100 |
| 5 |
100 |
| 6 |
90 |
| 7 |
80 |
| 8 |
70 |
| 9 |
60 |
| 10 |
50 |
| 11 |
40 |
| 12 |
30 |
| 13 |
20 |
| 14 |
10 |
| 15 |
0 |
Par ailleurs, un abattement de
10 €/ha par année de détention s’applique en cas de revente
de la forêt.
En outre, un abattement fixe de 1.000 € est applicable.
Mode de fonctionnement du calcul de l’impôt
sur plus-value :
Soit une forêt de 20 ha acquise le 15 Mai 1994
pour 70.000 € (héritée le 15 Mai 1994 pour une valeur successorale
de 70.000 €).
La forêt est revendue 115.000 € le 20 Décembre 2003.
Entre-temps, en 1998, le propriétaire a effectué 20.000 € de travaux
(factures d’entreprises).
| Plus-value brute : 115.000 – 70.000 – 20.000 |
= |
25.000 € |
Abattement sur impôt sur plus-value : (durée de détention – 5
ans sans abattement)
×
10 % par année d’abattement × 25.000 € = ( (2003 – 1994) – 5) × 10
% × 25.000 |
= |
10.000 € |
| Abattement fixe |
= |
1.000 € |
| Plus-value nette |
= |
14.000 € |
| Impôt sur plus-value : 16 % × 14.000 € |
= |
2.240 € |
| Abattement 10 €/ha et par année de détention : 10 × 20
ha × 9 |
= |
1.800 € |
| Impôt sur le revenu sur la plus-value |
= |
440 € |
| Prélèvement sociaux : 11 % × plus-value nette |
= |
1.540 € |
| Impôts à payer : 440 + 1.540 |
= |
1.980 € |
7. Conclusion
Du point de vue fiscal, la forêt
est très encouragée en France et ce depuis longtemps. A ces
avantages, s'ajoutent des subventions qu'il est possible
d'obtenir moyennant certaines conditions lorsqu'un propriétaire
décide d'effectuer des opérations de reboisement ou de création
de piste ou de route forestière (pour permettre de sortir
les bois des forêts).
D'une façon générale, ces subventions
couvrent environ 25 à 40 % du montant réel des travaux avec
des variantes selon les cas particuliers.
IV. LOCATION DU DROIT DE CHASSE ET AUTRES
La location du droit de chasse
est d’un rapport annuel non négligeable.
Selon les forêts (nature, localisation,
topographie, …), le droit de chasse se loue sur une base
moyenne de 22,50 €/ha-an à 38 €/ha-an avec un minimum vers
7,50 €/ha-an et un maximum pouvant dépasser 91 €/ha-an (152 €/ha-an
sont parfois possibles).
Les forêts sous forme de parc
clos peuvent même se louer plus cher mais la pression du
gibier peut influer négativement sur la gestion de la forêt
proprement dite.
1) Propriétaire privé ou Groupement
Forestier
Les bénéfices de la location du droit de chasse
sont imposables au titre de l’IRPP comme suit :
(i) - Si le revenu locatif sous forme de loyer de chasse
est inférieur à 15.000 € par an, déclarer
le tout à l’Administration qui fait un abattement
de 40 %.
(ii) - Si le revenu locatif brut est supérieur ou égal à 15.000 €,
déclarer les charges réelles qui viennent en
déduction dudit revenu et un abattement forfaitaire
de 14 % du montant brut, supposé compenser les frais
de gestion, est alors applicable.
2) Propriétaire forestier sous forme de personne
morale soumise à l’impôt des sociétés
Les charges sont bien entendu déduites du revenu
locatif brut mais il n’y a pas d’abattement de
14 %.
D’autres revenus peuvent provenir
de la forêt tels que location de droit de pêche (lorsqu’il
existe un étang), droit de foretage (sur extraction de type « minier » --
pierres, …) ou même recette provenant de la cueillette de
champignons.
V. RENTABILITE
La rentabilité forestière est
une notion très difficile à apprécier car les forêts sont
pratiquement toutes des cas particuliers dont les données
de base peuvent différer considérablement et par conséquent
générer une rentabilité bien différente.
Sur ce chapitre, il convient également
de différencier deux aspects :
1) la rentabilité régulière ou
plus exactement le revenu régulier (ou moyen) obtenu par
l'exploitation de la forêt
2) la rentabilité de l'investissement
sous l'angle de la valorisation du capital immobilisé.
Ces deux aspects pouvant aussi
se recouper.
En ce qui concerne les revenus
réguliers que l'on peut retirer de la forêt, on admet en
général une croissance en volume commercial des arbres en
moyenne de l'ordre de 2 à 6 %. Ces chiffres montrent une
variation sensible en fonction de la qualité du sol, de l’âge
des arbres, de la qualité et des types de peuplement de la
forêt, ainsi que du mode de gestion adopté.
Cette production est cependant
théorique puisqu'on ne récolte pas chaque année au même endroit
et qu'au moment des coupes, différentes options se présentent
de prélever plus ou moins que la croissance (en d'autres
termes appauvrir ou enrichir la forêt), d'être plus ou moins
sélectif en fonction des lois du marché.
Les résultats financiers qui
apparaîtront devront être encore sérieusement corrigés en
fonction des facteurs particulièrement positifs mentionnés
plus haut (fiscalité et plus-value notamment) si on veut être
en mesure de procéder à des comparaisons sur une certaine
durée entre l'investissement forestier et d'autres types
d'investissements.
La rentabilité, qu'elle soit
régulière ou à terme, dépendra très largement de la qualité de
l'investissement forestier qui aura été réalisé.
C'est là précisément un domaine
dans lequel l'Expert Forestier pourra jouer un rôle capital
et déterminant pour le futur propriétaire qui le consultera.
De manière générale l'investissement
forestier doit être envisagé sur du long, voire très long,
terme pour se mettre en situation de bénéficier pleinement
de toutes les composantes particulières à ce type d'investissement
et pour permettre également au propriétaire de mesurer l'impact
des options de gestion qu'il aura prises.
En général sur une longue période,
la forêt maintient son pouvoir d'achat et dégage une plus-value
d'environ 1 à 4 % nets d'impôts au-dessus de l'inflation.
D'autre part, si l'investissement
a été judicieusement réalisé et si le propriétaire sait s'entourer
d'un bon Conseil Forestier, la gestion d'un tel bien ne présente
aucune difficulté particulière :
pas d'obligation légale de tenir une comptabilité,
pas de souci constant de faire des arbitrages au jour le jour,
rythme de croissance des arbres qui permet de mûrir ses décisions
sans pour autant mettre en péril l'avenir d'un massif lorsqu'une
décision n'est pas prise immédiatement.
VI. QUI INVESTIT DU POINT DE VUE FORESTIER
EN FRANCE
Ce sont essentiellement des particuliers
français qui investissent, mais aussi beaucoup d'européens
et même des Nord-américains, notamment lorsqu'il est possible
d'acquérir une demeure historique ou un château à proximité de
la forêt.
La sécurité du placement forestier
en France est garantie par la stabilité des institutions,
l'Europe étant constituée de pays de vieilles traditions économiques
et socio-politiques.
VII. LE MARCHE DES FORETS EN FRANCE
Pour acquérir une forêt en France,
il faut compter un investissement allant de 1.500 à
9.500 €/ha selon les types de forêts envisagés et leur richesse
ou leur âge.
En moyenne, le prix des forêts
est de l'ordre de 3.000 à 6.000 € par hectare. Bien entendu,
il existe des forêts qui valent beaucoup plus cher que cela.
Le prix du terrain forestier
intervient pour 800 à 1.300 €/ha en général dans les prix
ci-dessus.
Les surfaces couramment achetées
vont de la fraction d'hectare jusqu'à 5 ou 600 hectares,
avec quelques exceptions pour des surfaces plus grandes (1.500
ou 2.000 hectares de temps à autre).
Pour faire un placement forestier
digne de ce nom, il nous semble qu'une taille minimum de
80 hectares soit nécessaire avec un optimum entre 300 à 600
hectares, lorsqu'il s'agit d'investisseurs étrangers, car
ceux-là préfèrent probablement avoir une surface plus grande,
compte-tenu de la distance.
Par conséquent, une enveloppe
de l'ordre de 300.000 à 800.000 € minimum serait souhaitable,
avec une possibilité de monter à 2.300.000 ou 3.100.000 €,
voire plus.
Le marché des forêts en France
est en ce moment favorable aux acheteurs.
Il y a donc des opportunités à saisir.
VIII. QUELQUES IDEES DE COUTS ET PRIX
UNITAIRES
Les coûts de la sylviculture
sont variables avec le type de traitement choisi, l'intensité des
travaux et les conditions physiques locales. A titre d'exemple :
préparation de terrain avant plantation de 300 à 1.000 €/ha selon les
cas,
fourniture de plants et plantations, de 500 à 800 €/ha,
rythme de croissance des arbres qui permet de mûrir ses décisions
sans pour autant mettre en péril l'avenir d'un massif lorsqu'une
décision n'est pas prise immédiatement.
A noter qu'il existe des aides
publiques à l'investissement en sylviculture prenant en charge
25 à 40 % des dépenses importantes. Les coûts de gestion
vont de 5 à 15 €/ha par an et de 3 à 10 % du montant des
coupes et travaux.
Les bois sur pied se vendent
de 2 à 6 €/stère (bois d'industrie) avec des pointes de 9 à 12 € (pour
les feuillus en chauffage certaines régions ) et de
23 à 80 €/mc (bois d'oeuvre) avec des pointes de 300 à 650 € et
plus (pour des bois très prisés).
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